Aller au contenu

Le pays des shelters

    Le pays des shelters

    1 juillet 2023

    Nous avons finalement choisi l’option la plus longue mais la plus intéressante, pour la visite du Danemark. Les sites remarquables sont plutôt du côté est, vers Copenhague. La côte ouest aurait été dans la continuité de ce que nous avons déjà vu dans le nord de l’Allemagne. A priori, si mes calculs sont bons, nous devrions avoir le temps. Alors nous mettons le cap sur Copenhague.

    La perturbation est toujours là, et surtout, le vent commence à forcir. Pour notre premier jour, nous commençons sur une digue en bord de mer, avec un vent établi à 60 km/h et des rafales au delà. Selon la direction de la route, on l’a sur le côté, ou de 3/4 de face (on remonte au près). On appuie le vélo sur le vent, mais avec les rafales, ce n’est pas si facile à gérer. On a prévu une petite journée pour rejoindre Ribe, une ville incontournable du Danemark, mais à la vitesse où nous progressons, il nous faudrait la journée complète. On s’échappe donc rapidement vers l’intérieur des terres mieux protégées et ça va mieux. Sur un passage plein est, en vent arrière, je bas mon record de vitesse sur le plat, je dépasse les 40 km/h ! En plus du vent, on s’est pris plusieurs grains, bien fournis, mais assez courts. Ça doit être notre baptême du Danemark. Nous finissons par rejoindre notre destination, Ribe une très belle ville médiévale. Nous logeons dans la prison ! Située sur la place centrale, elle a été transformée en hôtel. Les chambres sont les anciennes cellules, un peu petites, mais ça permet d’avoir un hôtel idéalement situé pour pas trop cher (le coût de la vie est élevé au Danemark).

    Notre prison
    vue
    de l’intérieur
    On s’y croirait
    Vue de l’extérieur
    La place de la cathédrale
    Les rues
    de Ribe

    Pour notre deuxième jour au Danemark, ça s’arrange au niveau du vent ou plutôt, nous l’avons en moyenne dans le dos, ce qui aide pas mal. Pour la pluie, les grains sont plus intenses, et plus longs. Quand ça se dégrade trop on trouve des abris. Après, il faut trouver le compromis entre se refroidir, si on arrête trop longtemps, et pédaler sous la pluie si elle n’est pas trop forte. Entre deux grains, le soleil réchauffe bien. Le soir nous allons tester notre premier shelter. Les shelters, assez répandus en scandinavie, sont des petites cabanes en bois, publiques, généralement situées dans des coins sympas. Ils peuvent accueillir entre deux et six personnes pour la nuit. En été, il est plus prudent de les réserver quand ils sont réservables, sinon premier arrivé premier servi. Bien sûr, rien n’empêche de partager le shelter qu’on a réservé, s’il reste de la place. Celui de ce soir est constitué de trois cabanes de six personnes max. C’est un peu un rêve de gamin de pouvoir dormir dans une cabane dans la nature, trop bien !

    Pour s’abriter, un abribus
    ou simplement la forêt
    Il pleut
    C’est douillet
    La vue depuis l’intérieur

    Le paysage change, nous recommençons à voir des collines, des montées des descentes. Pour la première fois depuis des semaines nous faisons du denivellé, plus de 500m aujourd’hui. Nous avons failli oublier ce que c’était !

    Nous passons par Kolding et son château du 13ème siècle, le Koldinghus restauré dans un style où ancien et moderne se mélangent. Nous ne faisons pas la visite, il fait trop froid pour attendre dehors, car nous devrions y aller à tour de rôle pour garder les vélos. Il y aura d’autres visites à Odense où nous allons faire notre prochaine pause. Nous rejoignons la mer dans un petit port sympa, puis nous prenons un grand pont pour rejoindre l’île de Fionie, une des îles qui constituent le Danemark. Ce pont a une particularité, on peut le traverser sur sa partie supérieure à 33m de hauteur, à pied, en mode via ferrata. Nous suivons ensuite une piste dans la forêt, en bord de mer, pour rejoindre notre deuxième shelter. Celui-ci est privé. En fait, il est dans le jardin d’un particulier qui s’est fait son propre shelter, il s’en sert régulièrement quand il n’a pas de visiteurs. C’est marrant de l’imaginer avec sa femme, dormir à cinq mètres de leur maison, juste pour être dehors. Il y a même une douche chaude, dans le jardin !

    Le château
    Le petit port
    L’ancien pont
    de Koldinghus
    sympa
    du petit Belt
    Le chemin dans la forêt en bord de mer
    Le shelter
    dans le jardin
    et la douche chaude !

    Ça y est, nous l’avons notre première journée de vraie pluie. Ce n’est pas qu’on l’espérait, mais on la sentait venir. Donc pas loin de trois heures non stop. Il faut avouer que ce n’est pas super fun. Mais on avait une bonne motivation, un Airbnb sympa à Odense où nous avons prévu une journée de repos / visite. Ca sera aussi le moment de faire un peu d’entretien des vélos. L’huile que je trimballe ne sert pas qu’à détruire ma doudoune et parfumer ma sacoche.

    Ville natale d’Andersen (celui des contes), Odense est la troisième ville du Danemark et la plus ancienne. Son nom vient du dieu viking Odin. Ca se prononce ”Ouhenzé”. La lettre ’d’ se prononce ou pas, selon où elle est placée. Quand elle se prononce ça ressemble à un ’l’ qui resterait coincé dans la gorge. Quant aux nombres ça se complique encore car ils comptent en base 20. Donc, par exemple 50 se dit 2 fois et demi 20. On a pas trop insisté avec le danois. Pour revenir à Odense, son centre est très vivant et agréable à visiter, par contre, il faut savoir que tout ferme tôt ici, y compris les restaurants. A dix neuf heures trente, c’est fini. Mais on l’a constaté plusieurs fois, les danois sont vraiment gentils, courtois et arrangeants. On a donc pu manger, mais sans traîner.

    Dans les rues
    Une cathédrale
    d’Odense
    L’hôtel de ville
    Notre Airbnb à la déco originale
    Un peu d’entretien après le sel, le sable et la pluie

    Nous changeons d’île pour passer de Fionie à Sjaelland, celle où se trouve Copenhague. Pour cela, il faut traverser le Storebælt, le bras de mer qui sépare les deux îles. Le grand pont est interdit aux vélos, il faut prendre le train. Donc une petite épreuve en perspective pour prendre les tickets, trouver la voie, l’ascenseur pour y monter, la voiture qui accepte les vélos, le tout uniquement écrit en Danois et en temps limité, car le train part dans moins de dix minutes. Mais grâce à la gentillesse des danois, cela a pu se faire sans problème. Une fois repartis, nous nous rapprochons de la côte et pour la première fois depuis des semaines, la mer est bleue, et non sombre et boueuse. Cela nous rappelle un peu la Bretagne. Le soir nous arrivons dans un tout petit camping, tout simple dans le pré d’une ferme. La façon dont il est organisé pour le règlement nous permet de décrire l’état d’esprit de ce pays : les propriétaires étant absent, un usager nous explique comment payer. Dans une petite cahute, un papier indique les tarifs, on paye en couronnes ou en euro en laissant les billets dans la caisse. Pour faire l’appoint si nécessaire pas de problème, il y a ce qu’il faut dans la caisse …

    Dans le train
    Vue sur le Storebælt
    La mer bleue

    Dommage, je crois que nous n’arriverons pas à loger chez l’habitant. Les rares warmshowers sur notre route ne sont pas disponibles. Quant au shelters, à l’approche du week-end, ils sont moins disponibles ou parfois la résa se fait par téléphone et répondeur, or notre danois ne résiste pas au premier ”tapez 1”. Comme la météo a tourné au grand beau, nous allons dans les campings. Mais il faut faire attention car les campings ont bien changé. La part réservée aux tentes est maintenant toute petite, la majeure partie est prévue pour les caravanes et les camping car. Et forcément, nous sommes tombés sur un camping qui n’acceptait pas les tentes ! Une dizaine de kilomètres supplémentaires à faire en fin de journée pour trouver un vrai camping.

    Notre route se transforme assez souvent en piste sans trop prévenir, mais elles sont bien roulantes. Cela nous permet de passer dans des coins plus sauvages.

    Quelques
    maisons
    danoises
    typiques
    Piste dans la forêt
    Entre les deux, il faut choisir …
    A droite la mer, a gauche un lac artificiel pris sur la mer, il y a longtemps
    Une photo d’artiste
    Les chevaux ont droit eux aussi à leur piste

    Nous arrivons à Copenhague en longeant la côte, plutôt sympa, ponctuée de stations balnéaires, les gens se baignent. Nous sommes un week-end et il fait chaud, tout Copenhague est de sortie, il y a presque des embouteillages de voitures et de vélos. Cette ville est immense, il y a un festival de jazz dans toute la ville, ça grouille de monde. Et comme tout le monde circule à vélo, il faut vite reprendre le pli pour ne pas se faire sonner les cloches. Mais avec l’expérience hollandaise, nous sommes aguerris. Le centre est assez aéré, avec de grandes avenues, des parcs, des monuments, c’est une métropole qui semble très agréable. Mais Paulette nous en dit plus sur cette ville et son gros contraste entre été et hiver. Paulette chez qui nous logeons en mode Airbnb, et qui nous a accueilli chaleureusement. Avec les beaux jours, les gens ont besoin d’être dehors, de se gaver de soleil. Il règne une animation énorme dans la ville. Dès l’automne, la lumière diminue, la température chute, les rues se vident, la ville se referme sur elle-même, se calfeutre en attendant impatiemment avril.

    Il ne fait pas loin de 30°, on se croirait sur la côte Atlantique
    Nos vélos attendent sagement au soleil.
    Un des nombreux quais de la ville
    Le kastellet, qui ressemble à une fortification de Vauban
    L’hôtel de ville
    La rue touristique de Copenhague
    Forêt de vélo près de la gare
    Une curieuse tour de babel posée sur une église classique
    Copenhague by night
    Notre super hôte Paulette
    Le musée du design

    Nous visitons aussi la ville libre auto proclamée de Christiania, un quartier de Copenhague, fondée par un groupe de hippies en 1971 sur le terrain d’une ancienne caserne. Le but était de créer une société autogérée et économiquement autonome. En 2013 une reprise en main administrative par la ville de Copenhague a diminué le niveau d’autonomie de Christiania. Cela reste un quartier totalement différent du reste de la ville. Le cannabis y est vente libre, ce qui attire son lot de trafiquants, pour cette raison, il est recommandé de ne pas prendre de photo.

    Les prévisions météo pour le jour de notre départ de Copenhague ne sont pas bonnes. Des trombes d’eau sont attendues toute la matinée. Nous allons essayer d’éviter ça, mais comment allons-nous nous y prendre ? La réponse dans le prochain article bien sûr !

    19 commentaires sur “Le pays des shelters”

      1. C’est marrant, quand on pédalait face au vent, je pensais à un mec qui a fait une traversée en vélo avec une voile. Je ne crois pas que ça a été répété. Ça ne devait pas être trop facile à gérer.

    1. Quel voyage ! Et de belles photos ! Super vos reportages qui font envie de découvrir le Danemark :-))
      La barbe pousse Hervé !!
      Doum a tjrs le sourire, super !!
      Allez vous rencontrer Chloé bientôt ?
      On part jeudi en Irlande et votre climat nous aide à préparer la valise (car ici il fait 40 aujourd’hui) bisous à tous les deux !!

      1. Dommage, Chloé est déjà rentrée du Danemark, on ne la croisera pas.
        Bonne vacances irlandaise, ça devrait être moins chaud qu’à Grenoble.
        Et pour la barbe, je ne me reconnais plus dans la glace

    2. Un faux air d’Hubert Reeves, tu fais savant inventeur quand tu bricoles le vélo. Le Danemark à l’air bien sympa. Étonnant les Shelters. Ici on cuit. Vous pouvez envoyer la pluie vers le sud. Bisous à bientôt.

    3. Hihi, moi aussi je viens de rattraper mon retard 😓
      On est synchro mon Elsa 😉
      Bravo frérot pour ce reportage , ça donne vraiment envie d’essayer !
      Des bisous

    4. Ce périple nordique nous entraîne de découvertes en étonnements, subjugués d’une part et divertis par tout….on adhère par avance, un max aux prochaines péripéties.
      Bravo et belle météo….
      bises.
      C’est nous !!!!

    5. Je reviens sur votre Blog que j’avais lâché un moment! Il est très agréable de vous lire, pour le tourisme (photos magnifiques!), les rencontres (en particulier vos hôtes) et les anecdotes (je vais parler de la bouteille d’huile à Christian…). Bonne suite de votre voyage…. vous nous laissez sur une incertitude climatique pas très agréable en vélo!!!! Bises

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *