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De Kalai khum à Khorug

    De Kalai khum à Khorug

    20 juillet 2025

    Après Kalai khum, nous rejoignons la route du sud qui conduit aussi au Pamir mais qui est plus grosse. Ce sont les chinois qui font les travaux d’agrandissement de cette route de la soie, pour faciliter le transport de leur produits vers les pays d’Asie centrale et au delà. Nous bénéficions aujourd’hui de quelques tronçons tout neufs et bien agréables après ces derniers de jours de piste. Il n’y a pas encore de circulation car des grosses parties sont encore en mauvaise piste, mais on peut imaginer que dans quelques années cette route aura perdu beaucoup de son charme. La route longe la rivière Panj qui est frontalière avec l’Afghanistan. C’est assez étonnant de voir ce pays juste en face de nous à moins de cent mètres. Bien que le Tadjikistan soit un des pays les plus pauvre d’Asie centrale, nous voyons bien qu’en face c’est un autre monde. La population se déplace majoritairement à pied. Quelques motos montent sur des sentiers de muletiers très haut dans les montagnes. Quelques rares petits camions cheminent sur des sentiers en face, le long de la rivière, mais nous allons plus vite qu’eux à vélo ! Ce soir nous trouvons un bivouac parfait dans un champ de pommier, juste au dessus de la rivière. Et nous avons un routier à dix mètres pour le repas du soir et le petit déjeuner. La vie est belle !

    La rivière Panj et l’Afghanistan en face
    Un vieux village afghan
    La route qui chemine en face
    Les camions
    côté Afghanistan
    Un curieux village de tentes haut perché
    Nous supposons qu’il y a des mines
    Notre bivouac
    et le routier

    Nous demarrons la journée avec du bon goudron chinois, mais nous récupérons assez vite de la piste pas très roulante et des passages infernaux à base de pierres de toutes tailles instables, dans de bonnes pentes avec des camions. Je me demande parfois comment nos vélos peuvent résister à pareil traitement. Dans ces passages, pas nécessaire de finasser, on fonce dans le tas et on appuie à fond sur les pédales. Nous avons un nouvel ennemi, que je déclare la deuxième plaie des cyclistes après les chiens : la poussière. Elle s’insinue partout, dans les yeux, les poumons, la transmission du vélo, à l’intérieur des sac dans les sacoches. Les camions ont la facheuse tendance à éternuer de l’air comprimé, et je les soupçonne d’attendre ma présence pour le faire, de préférence là où c’est le plus efficace pour m’asphixier. En compensation, les paysages sont grandioses, nous en prenons pleins les yeux. Déjà les sommets environnants dépassent les cinq mille mètres. Le soir nous trouvons un homestay avec un très joli jardin, de l’ombre et un petit ruisseau qui rafraîchit la température. Parfait pour le repos de fin de journée.Nous discutons avec des jeunes lycéens de Dushanbé en vacances dans leur famille. Ils parlent très bien anglais et sont curieux de notre voyage, mais comme souvent ils sont étonnés et déçus que nous ne soyons pas très calés en football.

    Toujours de la poussière
    Alternance de goudron
    et de piste
    Le homestay
    et son jardin

    Encore deux jours pour rejoindre Khorug où nous allons faire une pause, pour trouver quelques bricoles pour le vélo faire les courses pour la suite et nous reposer un peu. Cela fera dix jours de vélo non stop sur piste. Les paysages sont toujours superbes avec vue sur l’Afghanistan de l’autre côté de la rivière Panj. Nous faisons une étape à Rushon, ou nous reviendrons dans un mois environ à la fin la boucle que nous avons prévue dans le Pamir. Nous déciderons alors si nous continuons vers le Kirghizistan ou si nous retournons à Dushanbé pour la fin du voyage. A l’hôtel nous croisons Nora et Samuel, un couple de cyclistes allemands, qui n’ont pas eu beaucoup de chance. Ils sont malades depuis quatre semaines avec des hauts et des bas, et passage à l’hôpital, les pauvres !

    Juste avant
    Rushon

    Depuis quatre jours que nous longeons la rivière Panj, nous croisons régulièrement des patrouilles de l’armée tadjike qui cheminent le long de la frontière. Il y a beaucoup de trafic entre les deux pays, notamment une partie de la drogue produite en Afghanistan est acheminée en traversant la rivière Panj. Nous supposons que cela explique leur présence. Nous avons encore beaucoup de piste aujourd’hui. Nous récupérons du goudron un peu avant Khorug où il fait encore très chaud bien que nous soyons au-dessus de 2000 m. Nous logeons dans une auberge de jeunesse toute simple mais très sympa. Elle est tenue par Zhandiya, une tadjike énergique qui est une mine d’informations sur la route du Pamir. Nous avons besoin de connaître l’état des routes et où trouver magasins, et points d’eau, pour calculer le nombre de jours où nous devront être en autonomie. Nous en déduisons la quantité de nourriture à charger dans nos sacoches. Ses informations sont précieuses. En complément, nous interrogeons notre voisine, une jeune suissesse qui voyage seule dans l’autre sens. Nous faisons un peu de tourisme en allant visiter le Afghan bazar. C’est une sorte d’enclave quasiment sur la frontière. Les afghans peuvent entrer dans le bazar par une passerelle au-dessus de la Panj, mais ils ne peuvent en sortir côté tadjik. Des militaires en nombre sont postés dans toutes les issues pour les en empêcher. Par curiosité, je me suis approché de leur unique point d’entrée, un militaire m’a fait comprendre que si j’avançais plus loin, on allait me tirer dessus. Je suis donc retourné au bazar où les afghans écoulent leur marchandise à des prix intéressants si on en juge par le nombre de tadjiks qui se pressent dans les allées.

    Le Afghan
    Bazar
    Made in Afghanistan

    Après ces deux jours de repos, nous allons entrer dans la route du Wakhan, qui devrait être un peu plus sauvage, et surtout nous devrons franchir le Kargush pass à plus de 4000 m qui apparemment est redoutable. Pour savoir si nous allons vaincre ce col et ceux qui suivent, il va falloir patienter un peu, car la couverture réseau va encore se dégrader après Khorug. Donc ça sera Inch’Allah !

    13 commentaires sur “De Kalai khum à Khorug”

    1. Je n avais pas remarqué ce double article.. Bingo
      un peu plus de contact ces derniers jours semble t il. Qu en est il de l hospitalité tadjik ?
      Que ce soit les vélos ou vous, peu de bobos et tant mieux. Vu la route pas de crevaison ? Faudra partager la marque de vos roues de vélo !!
      Allez bon vent et dans le bon sens pour le col à 4000m
      A la prochaine

      1. L’hospitalité tadjik, me fait penser à celle de la Turquie. Les gens sont parfois d’un abord un peu rude, mais tous sont prêts à rendre service et l’entraide et la règle. Récemment, dans une homestay, nous avons demandé quelque vivres de course, la dame a refusé que nous la payions.

      2. Pour les vélos, nous usons fortement les pneus, mais moins de risque de crevaison. Sur l’asphalte, il reste souvent des débris métalliques des pneus de camion qui éclatent. C’est souvent la cause des crevaisons. Sur la piste, ces petits morceaux sont noyés dans la terre. Et pour la marque, la très grande majorité des cyclistes voyageurs utilisent des Schwalbe, modèle Marathon.

    2. Quelle actualité aujourd’hui !!! On est débordé ! Surtout qu’apparemment ça va être la disette pour les jours prochains ! Il faudrait pouvoir programmer la publication !
      Les paysages sont magnifiques ! Étonnant le marché afghan comme une enclave au sein du Tadjikistan !
      Allez-vous rapporter la cocotte minute Alibaba ? Elle est très chouette !

    3. Je veux bien une cocotte Alibaba. Une de chaque côté pour l’équilibre et dedans tes affaires seront à l’abri de la poussière. La trace sur polarsteps nous manque, vous devenez difficile à suivre. Bonne route et une petite pluie pour faire tomber la poussière, sans faire un torrent de boue pour autant.

    4. Salut Hervé
      Superbe votre voyage , et vos écrits sont bien complets et croustillants!
      Vous allez peut être croiser à vélo ma nièce Julie et son ami Antoine. Le 19 juillet, ils étaient au centre du Tadjikistan vers Tavildara et filent vers l’Est pour remonter ensuite au Kirghizstan. Ils sont partis de Thono les Bains à vélo (France, Italie, Grèce, Turquie, Géorgie, Ouzbékistan,…). La Pamir highway a vraiment l’air superbe. Profitez-en bien!
      Bises de Éric et Céline

      1. Oh la la mais t’as oublié de prendre ton VTT !
        En tous cas, les photos et tes commentaires sont impressionnants, j’espère que vous gardez le moral malgré les difficultés !
        On continue de vous suivre, bonne route !

      2. Oui, il est facile de prévoir un tour de la Pamir highway en 4×4. Il faut prendre contact avec des tadjiks qui font ces voyages, le mieux est de chercher sur internet ou whatsapp et de communiquer avec eux. Par exemple nous avons croisé un guide en 4×4 avec 4 touristes très contents de l’organisation. Il faut chercher ”Hike Tadjikistan” sur whatsapp. Le chauffeur nous a offert le café, le thé et des gâteaux !

    5. Et bien nous voilà le 27/7 aujourd’hui …
      Où pouvez vous être désormais ??
      Suspense 🤔 ! On guette vos nouvelles et nous espérons que tout est tjrs superbe !!!
      On pense à vous
      Bises 😘😘

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