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La côte croate

    La côte croate

    10 avril 2025

    En sortant de Trieste, nous traversons l’Istrie en une journée. Un petit morceau de Slovénie qui a toujours ses allures de Suisse de l’Est, puis nous rejoignons la Croatie, un peu plus délabrée en comparaison. Le col nous amène sur des collines et une forêt assez belles. Une petite frayeur avant de passer la frontière slovène. 400 mètres avant la frontière et surtout après plus de 300 mètres de dénivelé dont une bonne partie entre 12 et 14 %, la route est barrée. Si ça ne passe vraiment pas, il faut redescendre jusqu’à Trieste et reprendre une autre route beaucoup plus grosse. Habituellement les routes barrées ne m’inquiètent pas trop, mais au niveau d’une frontière c’est plus embêtant. Ça pourrait très bien être une mesure anti immigration. Nous avions déjà du rebrousser chemin il y a quelques années pas loin d’ici entre Slovénie et Croatie, à cause d’une frontière fermée vraiment infranchissable. Nous franchissons donc les panneaux d’un coup de pédale inquiet et un peu plus loin, nous voyons la route effondrée d’un côté seulement, ça sent la fausse alerte, puis nous voyons les panneaux de l’autre côté, ouf ! Ça passe.

    La route fermée avant la frontière slovène
    C’est passé !
    Tout le monde sait que Croatie se dit Hrvatska en croate 🙂
    En ces temps un peu étranges, j’aime bien l’idée qu’un poste frontière serve d’aire de pique-nique
    Dans la forêt côté Croatie

    Nous entamons la descente vers la côte croate, nous retrouvons la mer à Rijeka, un port industriel sans trop d’intérêt. En fait si, il y a un point d’intérêt majeur ! La zone de présence des beureks démarre dès maintenant et ça devrait durer jusqu’au fond de la Turquie, miam ! Puis de colline en colline nous arrivons au pont qui nous mène à l’île de Krk (Prononcez keureuk, quand ça manque de voyelle, on les rajoute).

    Sur les hauteurs de Rijeka
    Le village de Bakar
    Premier pique-nique au bord de la mer et au soleil
    Le pont qui mène à L’île de Krk

    Le soir nous avions prévu un petit restaurant local, tout près de notre gîte, mais à 19h30, ils ne servent plus de repas ?!? Cela nous a valu une petite balade nocturne de quelques kilomètres jusqu’au bord de mer pour trouver un autre restau.

    La petite balade
    nocturne

    Les ferries que nous devons prendre pour aller d’île en île ne fonctionnent pas tous les jours. Nous avons donc adapté les étapes prévues. Nous en profitons pour traverser tranquillement l’île de Krk par une journée plutôt venteuse, par chance plutôt orienté dans le bon sens. Nous quittons vite les grands axes pour des petites routes qui nous promènent joliment sur les collines de villages en villages et débouchent parfois sur de très beaux bords de mer. Ça peut ressembler à la Corse, c’est dire si c’est beau !

    A Cizici
    Pleins de murets pour protéger du vent
    La ville de Krk
    Essayez de
    les prononcer

    C’est le jour où nous pouvons prendre les bacs pour changer d’île. D’abord un gros ferry pour aller sur l’île de Rab, puis un tout petit bateau pour piéton et vélo pour rejoindre l’île de Pag. Il a fallu se lever à 7h pour prendre le premier ferry. Depuis deux jours la Bora, un vent catabatique, s’est levé. La température à baissé de 10° environ, au petit matin, il fait 5°, ressenti 1° selon la météo, on a ressorti les doudounes. Mais les paysages maritimes depuis le bateau sont très beaux. Nous traversons ensuite une partie de l’île de Pag, c’est superbe. Nous sommes au sommet d’un doigt de terre, avec vue sur la mer des deux côtés. Beaucoup d’oliviers dont certains spécimens ont l’air très vieux. Il y a des murets partout pour protéger du vent les terrasses cultivées autrefois. Parfois même, chaque olivier a droit à son muret de protection.

    Dans la queue du premier ferry
    Le tout petit bateau pour l’île de Pag.
    Sur l’île
    de Rab
    Un superbe pique-nique
    à l’abri du vent

    Nous avions prévu de faire notre première bivouac ce jour-là, mais finalement les températures sont vraiment trop fraiches dès la fin d’après-midi. Nous attendons donc que la Bora s’en aille. Dommage car les zones de bivouacs pressenties étaient vraiment top. Nous avons trouvé au dernier moment une chambre à Pag, mais nous n’avons pas trop eu le temps de vérifier si on pouvait stocker les vélos. Résultat, nous les avons montés au troisième étage par une sorte d’échelle de meunier. Maintenant nous avons la technique avec Doum, on peut vous monter des vélos dans n’importe quelle cambuse ! On espérait juste ne pas croiser le proprio pendant l’opération.

    Les zones de bivouacs prévues
    Ca fait envie, mais on va attendre un peu que la température remonte
    L’échelle de meunier

    Nous voilà maintenant à Zadar, au nord de la Dalmatie. Une ancienne ville romaine, dont on peut voir encore quelques vestiges. Lorsque les vénitiens la dominaient, elle était une des extrémités occidentale de la route de la soie. Par contre la plupart des palais vénitiens ont été détruits pendant la deuxième guerre mondiale. Ca reste une belle petite ville avec ses rues étroites et sa promenade de bord de mer.

    Un petit château
    sur la route de Zadar
    Des vestiges romains, dont certains ont servis à la construction de l’église !
    Dans les rues étroites, les entrées des maisons donnent sur des jardins intérieurs
    Sur la promenade,
    la mer est bien agitée

    Sur le front de mer une curiosité, un orgue marin. Des tubes sont installés à fleur d’eau, lorsque la mer percute la digue, l’air est chassé des tuyaux par l’eau, ce qui engendre les sons. Ce soir là, la mer est bien agitée, ça fonctionne, c’est amusant.

    Un petit couplet sur la Croatie et les croates, qui n’engage que moi. Au moins sur la côte, on sent que le tourisme a un gros impact. Les villages sont bien vivants, mais au trois quart vides, même proportion de commerces fermés. On imagine le monde en été. Ces villages sont tous en chantier, pas de gros ensembles, mais des petites résidences ou des villas. On a l’impression que chaque habitant est en train de retaper un grenier, une cave, un appenti pour proposer des « Apartmani » à louer. On voit beaucoup de déchets, le long des routes et dans la nature, souvent des sacs poubelles pleins sont balancés. Le comportement des automobilistes est variable, la majorité est respectueuse, mais une minorité trop importante considère les cyclistes comme quantité négligeable. On s’est fait parfois serrer d’un peu trop près. Les gens chez qui nous avons été hébergés et dans les restaurants sont tous très accueillants et chaleureux, mais dans la rue c’est plus froid ou peut-être plus réservé.

    Pour rejoindre notre étape de ce soir à Tribunj, j’avais repéré une petite piste qui nous faisait économiser des kilomètres et surtout permettait d’éviter une grosse route. Mais je n’avais pu évaluer si elle était praticable qu’avec la vue satellite, ce qui est très approximatif. Par contre le site avait l’air sympa, en surplomb de la mer. Donc on y va ! C’était effectivement joli, mais ça s’est vite transformé en un single trialisant. Avec des vélos lourds et quatre sacoches, c’était parfois un peu sport. Comme c’était très juste en largeur, pas trop de question à se poser pour savoir où mettre la roue 🙂. Doum a modérément apprécié :

    Un petit port au milieu de nulle part
    Coucher de soleil à Tribunj

    A Tribunj nous avons pris un ”Apartman » pas cher, 33 euros pour la nuit. Le lendemain matin, nous avons un peu échangé avec la grand-mère de nos logeurs, dans un mélange d’allemand (grâce à Doum), d’anglais et de croate dont je comprend quelques bribes grâce à sa proximité avec le russe. Trop gentille, elle nous a fait cadeau d’un peu de menthe qu’elle venait de cueillir et d’un dessin de la région. Puis nous reprenons la route qui longe la côte, une succession de panorama sur la mer et des chapelets d’îles. Un petit arrêt à Sibenik, pour quelques photos, mais pas de visite d’église, depuis la croatie, elles sont interdites aux touristes.

    Les cadeaux de la grand-mère
    Après la piste, quelques escaliers pour rejoindre Sibenik !
    Une place à Sibenik,
    et l’église interdite
    Un petit pique-nique
    et la vue
    La presqu’île de Primosten
    dont on a fait le tour à vélo

    En plus des podcasts, j’écoute souvent France Inter en direct. Jusque là, on a une très bonne couverture 4 ou 5G. Ça me fait marrer d’écouter le jeu des mille euros au milieu de la campagne croate : et la question blanche de Germaine Duchemin à Boult-aux-bois dans les Ardennes, et à demain si vous le voulez bien !

    Nous serons bientôt à Split, ensuite nous rentrerons vers l’intérieur des terres dans des régions moins peuplées où il n’y pas d’hébergement possible. Alors la météo sera-t-elle avec nous, trouverons-nous des zones de bivouacs possibles ? Pour avoir la réponse, je ne peux que vous recommander le prochain article.

    7 commentaires sur “La côte croate”

    1. Vos photos font rêver ! et pleines de lumière, de belles choses à voir. C’est superbe :-)) Alors un grand merci de nous faire partager tout cela !! Nous avons l’impression que tout se passe plutôt bien pour vous et vous semblez calmes et heureux de cheminer ainsi 😉 Profitez +++ de vivre cette belle aventure et ce voyage en itinérance. Nous vous suivons avec intérêt et pensons souvent à vous. Bisous de nous deux +++ A bientôt pour la suite

      PS Superbe ce concert de la mer avec ces tubes d’orgue : génial !!!!

    2. Super votre blog! Tout y est : l’histoire, les paysages, les chouettes rencontres, les aventures … tout ce qu’on peut vivre en voyage à vélo!…. et aussi qui n’aiment pas les cyclistes…..

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