La Vénétie
3 avril 2025
Les villes italiennes sont vraiment belles, après Crémone, nous voilà à Mantoue. Superbe petite ville, la basilique est étonnante avec ses murs peints et son plafond qui fait plus penser à un palais qu’à un édifice religieux. On sent aussi l’influence vénitienne dans le style de certains bâtiments.

Notre quatorzième jour se fait quasi entièrement sous la pluie. Pas une grosse pluie mais des variations de crachin breton. Heureusement, il ne fait pas trop froid, donc ça va, même si ce n’est pas trop fun. Dans ce cas, on visse les écouteurs sur les oreilles, on se met de bons podcasts ou une bonne playlist et on pédale. Doum et moi ne gérons pas ce type de journée de la même façon au niveau de l’habillage. Côté Doum, pas de risque, on s’équipe, prêt pour la tempête. De mon côté, comme on se réchauffe vite en pédalant, je préfère ne pas trop me couvrir pour éviter de transpirer sous les couches étanches. Par contre il ne faut pas que les pauses soient trop longues.
C’est aussi un jour où il y avait pas mal de pistes, avec la pluie c’était parfois un peu glissant. Mais maintenant Doum gère ça comme une pro !
Nous avons une petite étape pour rejoindre Padoue, ce qui nous laisse le temps de la visiter. Encore une très jolie ville, l’entrée dans la cité est agréable en longeant des canaux. Le centre est très animé, très belles rues piétonnes avec des arcades et toujours une papardelle d’églises, basilique, duomos. L’université de Padoue date de 1222, c’est une des plus anciennes au monde. Galilée y tenait une chaire d’astronomie et y enseignait les mathématiques. Aujourd’hui, c’est encore une grande ville universitaire, 27 000 étudiants selon notre hôte qui y travaille.

Nous sommes hébergés par Sara et Francesco, nos deuxièmes warmshower. Nous sommes très gentiment accueillis dans leur grande maison décorée avec beaucoup de goût. Nous passons une bonne soirée à discuter, tout en dégustant une pasta chiuta maison avec un petit vin blanc. La vie est belle à Padoue !

Ensuite, une petite journée de vélo pour rejoindre Venise, mais une logistique un peu compliquée. Les vélos sont interdits à Venise, et les logements hors de prix en toute saison. Donc nous prenons un vaporetto pour rejoindre un petit camping sympa à la punta Sabioni, nous montons la tente, puis re-vaporetto pour rejoindre Venise et faire notre job de touriste, puis même chose dans l’autre sens, sans oublier les quelques kilomètres de marche à pied pour rejoindre notre camping de nuit.

Mais ça vaut le coup, Venise reste une des plus belles villes du monde, à mon humble avis. C’est la troisième fois que nous y allons, mais je suis toujours épaté par la beauté des lieux, la profusion de petits palais à tous les coins de rue. Petit bémol, bien que nous soyons en semaine et hors période de vacances, il y a un monde incroyable. Malgré cela la magie de Venise a opéré : au détour d’une rue nous sommes attirés par des sonorités venant d’une église. Nous rentrons et nous assistons à un concert donné par une chorale de jeunes chanteurs. C’est superbe, et la chef de cœur exploite parfaitement l’acoustique de l’église en plaçant les chanteurs différemment suivant les morceaux.

Petite anecdote au camping : au petit matin pendant que nous plions nos matelas et duvets dans la tente, je vois approcher une dame qui nous tends deux gobelets de cafés, nous avons à peine le temps de lui dire merci, un peu estomaqués, qu’elle s’en retourne dans son gros Mobil home. Je ne sais pas si c’est par pitié de voir deux vieux qui n’ont pas les moyens de voyager autrement qu’en vélo et camping par ce froid, ou simplement par gentillesse. Ce qui est drôle c’est que ni Doum ni moi n’aimons le café, nous nous cachons donc pour vider nos gobelets dans l’herbe !
Nous quittons Venise en longeant d’interminables lidos. Des plages bétonnée, des villes sans cachet, en partie vides hors saison. On continue encore d’y construire des immeubles sans âme. Énorme contraste avec Venise. Ensuite direction Trieste où nous ferons un arrêt. Il nous faudra deux jour pour y arriver. Premier jour un vent de face quasi toute la journée, ça rallonge un peu la durée prévu. Mais après deux bonnes semaines de pédalage, nos gambettes ont pris le rythme, et ça va plutôt bien au niveau des cuissots. Pour le deuxième jour, je n’ai pas trouvé le moyen d’éviter un tas de grosses routes passantes, nous avons donc décidé à l’unanimité de prendre le train. Ces quasi deux jours de repos, feront du bien à nos genoux un peu récalcitrants.
Nous voilà à Trieste, en une heure de train au lieu de quatre ou cinq en vélo. L’histoire de cette ville est chargée, entre domination austro-hongroise, ville-état indépendante, rattachement à Venise, puis italienne, un temps espagnole, française, yougoslave. Son statut actuel date de 1977, où la ville coupée en deux entre Italie et Yougoslavie à été reunifiée en une ville italienne en échange d’une partie de l’istrie restituée à la Yougoslavie, et donc maintenant la Slovénie et la Croatie. La partie la plus sympa de la ville est l’ancienne partie italienne, mais dont le style est plutôt austro-hongrois, du côté du port et son prolongement dans la partie basse de la ville. L’autre partie située sur les collines est plus quelconque.

Nous en avons terminé avec l’Italie, demain départ pour la Slovénie et très vite la Croatie. Et c’en est fini de la plaine, nous allons renouer avec le dénivelé pour une longue période.
Ah ! J’adore les jours de repos !
Petites madeleines pour moi avec Padoue et Venise. C’est sur le Prato Della Valle, où vous vous êtes pris en photo que Théodore a appris à faire du vélo !
Che peccato per il caffè !!! J’espère que vous avez honte !
Reposez bien vos genoux
J’ai beaucoup aimé la ville, c’est plein d’étudiants, la mer et Venise pas loin, les Dolomites à côté aussi. Vous avez du bien vous plaire pendant votre année là-bas.
Merci !
L’Italie est Magnifique et
Je suis d’accord Venise est la plus belle ville du monde
😘😘😘❤️❤️❤️
bravi brava bravo, et viva l’italia. c’est sympa de voyager au chaud devant l’ordi. je vous vois toujours en doudoune, le fond de l’air reste frais! c’est super que vos guiboles vous emmène sans rechigner. après ce petit échauffement les reliefs serbo-slovéno-croate seront une formalité. avez vous prèvu un passage à gottalovecks pays de nos aïeux à 70 km de zagreb? bisous et bon vent (dans le dos).
Ah non, nous restons près de la côte croate et même dans les îles. Donc pas de retour aux sources !
Déjà Plein les guiboles
bravo à tous les 3 puis 2 pour ces deux semaines d échauffement et merci pour le site un plaisir de suivre votre aventure
Et côté gastronomie vous vous régalez un peu?
Si ! c’est vrai que j’en ai peu parlé, mais on se goinfre (surtout moi) de pasta, gnocchi, ravioli, pizza, antipasti, dolce. Malgré l’énergie qu’on dépense, je n’ai pas du perdre un gramme… Mais on s’est dit qu’on allait réduire le rythme des restaurants, faut pas abuser quand même ! Remarque on va changer de région, et certainement des nouvelles spécialités à découvrir 😛
Ah Venise, c’est vrai qu’il y a du monde, c’est vrai que c’est un piège à touristes, c’est vrai que c’est cher ( 8€ le café sous le Rialto il y a déjà quelques années ), mais qu’est ce que c’est beau! Absolument inratable, et vous avez bien fait d’y faire un arrêt. En tout cas vous me paraissez frais comme des gardons et vos bonnes mines font plaisir à voir. Pour le tour de taille ne soyez pas impatients et profitez de toutes les bonnes choses que l’Italie sait offrir à nos palais. D’ici le Pamir les abdominaux kronembourg ont le temps de se transformer en plaquettes de chocolat. Bon cyclotage.
Bravo !
Moi qui regarde attentivement les températures, la force du vent avant de sortir mon vélo, je vous admire de pédaler ainsi par tous les temps !!
Merci de nous faire partager ce beau périple.
Bonne route cousin(e), par hasard découvert votre site, vos voyages à vélo sont impressionants!
C’est toujours aussi agréable de vous suivre sur les routes et en visites!
Bon courage pour la suite, avec un peu moins de pluie 😉
Venise … la città più bella del mondo !!
Ça me donne envie d’y retourner… même si j’ai peur d’être déçue à dates de la foule.
Vous avez raté le carnaval de peu (Vero y était il y a 2 semaines).
Pas de gelati dans la liste des spécialités italiennes : il faut trop froid ?
L’anonyme c’est Babar 🙂
même pas le bisou sous le pont des soupirs.. pfffff tout se perd.. bon en même temps les vélos sur la gondole c’était joueur.