Les plateaux de Castille et Leon
31 octobre 2024
Ce matin nous sommes mis dehors par notre hôte peu après 7h30, pourtant nous n’avons rien fait de mal, nous nous sommes bien tenus. Mais on oublie vite que la plupart des gens travaillent (quelle drôle d’idée) ou vont à l’école. Donc nous nous retrouvons sur notre vélo, dans la nuit par 3 degrés, à pédaler, pas vraiment réveillés. Là on se demande si quelque chose ne tourne pas rond dans notre tête, car personne ne nous oblige, c’est nous qui avons décidé d’être là ! Après la première descente, je suis congelé, je n’avais pas réalisé qu’il faisait si froid, mon compteur a mis du temps à se caler sur la bonne température. Je sors vite mes jambes et mes gants. Puis rapidement, le spectacle du lever de soleil, les couleurs qui se révèlent, la campagne qui s’illumine progressivement, la chaleur qui revient petit à petit, nous rassurent, nous ne sommes pas si timbrés, nous savons pourquoi nous sommes là.




La via verde nous amène assez vite dans le Parc naturel du canyon Rio lobos. C’est vrai que c’est très beau. Nous commençons dans une forêt bien verte, les zones denses alternent avec les prairies. Parfois les vaches traversent en prenant leur temps, elles nous font comprendre qu’elles sont chez elles, alors nous patientons. Les petites gares abandonnées se succèdent dans des états de délabrement variés. Autour de nous, il y a pas mal de relief, mais nous sommes protégés par la voie de chemin de fer, ses remblais et ses tranchées, pas plus de 1% dans les côtes, ça change !
Et un petit aperçu du parc naturel, et de mon niveau en espagnol …
Le soir, nous arrivons à Ucero, joli petit village au fond du canyon avec son petit castillo. Notre hôtel est sympa au bord de la rivière. C’est cool d’arriver dans une zone touristique, l’hébergement est de qualité, en comparaison de notre dernier hôtel, un routier pas cher, avec un personnel un peu rugueux. Mais on aime bien le contraste. Pour la tente, c’est cuit, les campings sont tous fermés, et Doum n’est pas chaude pour le bivouac. Les intempéries au début, trop froid, et il fait nuit trop tôt et trop tard.
En nous promenant autour d’Ucero, nous tombons sur un objet insolite exposé sur le mur d’une maison. Nous émettons des hypothèses, envoyons la photo à des amis, mais personne ne sait ce qu’est ce truc. Seul, google a su résoudre l’énigme. Je me demande si je vous donne la solution maintenant ou dans le prochain article 🤔


Alors non ce n’est pas une luge avec frein, ni vraiment un objet pour abraser, mais finalement un peu des deux. Je suis sympa, je vous donne la solution, c’est un tribulum. Ceux qui le savaient peuvent se faire connaître, ils auront une récompense.
C’est une planche à dépiquer utilisée pour extraire les céréales. Le plus vieil outil agricole connu, utilisé depuis 10 000 ans, plutôt autour du bassin méditerranéen. Encore en service dans certains pays du moyen orient. Le paysan debout dessus, tiré par un animal de trait, tourne en rond sur l’aire de battage jusqu’à ce que le bon grain soit séparé de l’ivraie.
Nous nous dirigeons ensuite vers Valladolid, où nous ferons une journée de repos après six jours de pédalage, une première pour ce genou en titane. Nous naviguons sur un plateau avec de belles couleurs. Et c’est plutôt en descente sur deux jours. Nous faisons des moyennes affolantes avec nos poids lourds, 21 km/h sur plus de 80 km, du jamais vu !

Sur la route de Valladolid
Nous sommes maintenant à Valladolid dans une sorte de pension de famille au centre de la ville. En fait les locations avec parties communes sont beaucoup moins chères que les autres. Nous tombons sur de très beaux appartements et à cette époque il n’y a que nous. Juste un petit problème cette fois, il faut monter les vélos dans l’appartement, au quatrième sans ascenseur. Valladolid est une ville étudiante, assez belle et très vivante. Nous visitons des palais au gré de nos déambulations, on entre à tout hasard. C’est comme ça que nous visitons le rectorat et la faculté de droit, sans trop savoir si c’est autorisé, mais c’est très beau.




Et un peu d’Artdoum pour la route
Ensuite, nous mettons deux jours pour rejoindre Salamanque. La route n’à pas beaucoup d’intérêt. Longues lignes droites, paysage peu varié et plat. De plus, la pluie est de retour, et il fait froid. Voilà un petit aperçu :
Salamanque est une ville étonnante, le centre ville est une succession d’édifices grandioses, très ouvragés qui témoignent d’une grande richesse passée. Églises, cathédrales, plus tous les palais de l’université. La cathédrale est monumentale mais très belle. En fait on a deux cathédrales pour le prix d’une. Au 16ème siècle on décide d’ériger une nouvelle cathédrale, celle du 12ème devait être trop petite. (Surtout, elle devait être plus petite que celle des voisins). Comme on se doute que les travaux vont durer un peu, en fait deux siècles, on décide de garder l’ancienne alors que la nouvelle se construit sur le même site. Ca permet de continuer l’office autre part que dans des algecos. Donc les deux cathédrales sont imbriquées, une partie de l’ancienne sert de support à la nouvelle. Lors la visite, quand on croit avoir fini, hop on passe dans une deuxième cathédrale plus petite mais complète. Ils sont fous ces ibères !


Et l’intérieur de la cathédrale :
Lisbonne, ce sera pour une autre fois. Salamanque sera notre terminus. Plusieurs raisons à ce choix : Nous devons être à Paris début novembre et nous avons fait trop d’arrêts à cause de mon genou et de la météo. Le retour du mauvais temps et du froid, nous conforte dans cette décision. Aucun regret, c’est un miracle que j’aie pu tenir jusque là avec mon genou rafistolé. L’Espagne nous a bien plu. Cependant, les parcours ne sont pas très faciles à tracer, il y a peu de routes secondaires hormis les pistes dans des états variables. Il faut privilégier les pistes cyclables telles que les via verde. Il faut aussi bien cibler les régions sympas pour éviter des liaisons sans intérêt. Une note particulière pour les conducteurs espagnols. Ils sont extrêmement courtois et attentifs aux cyclistes. Ils prennent tous une grosse marge pour doubler ou attendent patiemment que ce soit propice.
Nous avons prévu de rentrer en train. Ce n’est pas si simple, comme en France les vélos non emballés ne sont autorisés que dans les Media distancia, l’équivalent de nos TER. Il nous faut donc trois jours pour rejoindre Grenoble. Avec deux nuits, à Madrid et Portbou à la frontière. Lors des correspondances, nous devons changer de gare, cela nous permet de faire une visite rapide de Madrid et Barcelone.
Beau périple et bravo pour la performance. Bises
J’avais bien imaginé l’usage du tribulum, mais j’ai appris le nom. Bon retour, on dit les ibères sont rudes mais c’est vrai que leur courtoisie sur la route nous avait agréablement surprise lors de notre expédition tandem. Par contre attention dès la frontière passée les chauffards portugais reprennent le pouvoir du goudron. Prévoir des suspensions car le réseau secondaire est pavé. Çà me rappelle le Paris de notre jeunesse. A ce soir pour la dernière étape.
Pas fâchés de vous voir rentrer tous les deux quand on voit les catastrophes d’inondation en Espagne.
Jolie fin de périple avec du soleil et de belles photos !
Bravo Doum pour ton courage sous la pluie et les routes pas toujours bien carrossables !!
Et si le genou de Hervé a bien récupéré, j’espère que ceux de Doum ont bien tenu le coup également.
Ici beau temps qui dure et prévu encore ce WE du premier novembre et les jours qui suivent (malgré le brouillard matinal)
Au plaisir de vous revoir bientôt … (et si on faisait du vélo ?? ah ah !!)
Bises à vous deux
Attachante promenade espagnole avec ces superbes images inatendues, ciselées, baroques (quel talent !!!)
on a bien un peu froid avec vous, mais on se réchauffe avec les tours de roues.
Des bises
Padre, y madre.
Bravo Doum et Hervé !
Toujours aussi intéressant et dépaysant de vous suivre.
A bientôt.
Biz
Dominique
Toujours un plaisir de vous lire…
Chapeau pour ce périple dans des conditions météo variables et avec un genou en convalescence. Chapeau aussi pour savoir renoncer posément, quand ça veut pas, ça veut pas ! Dans tous les cas, ça donne envie ! et on attend les prochaines aventures avec impatience !
Chapeau les amis ! Et welcome back. Contents de vous savoir de retour. À bientôt…
Joli périple tous les 2 !
Une rééducation accélérée pour ton genou Hervé !
On se voit donc bientôt Doum pour nager, grimper 🙂 … après un petit repos quand même 😉 !
Bon retour chez vous, en espérant que le soleil vous attende car ici c’est grand bleu.
Bises
Bravo à tous les deux, d’autant que vous avez vraiment manqué de chances côté météo.
Ça vous a permis de faire de belles rencontres du coup, et de visiter de chouettes endroits !
Vos photos sont superbes en tout cas, quant au tribulum sais-tu, Hervé, que quand tu cliques sur la photo, Google Lens te donne la réponse ???? Ah ah ah, fichu téléphone même plus de surprises !
On se voit bientôt pour raconter tout ça ?
Des bises à tous les deux…
Anne-Marie