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Piémont et plaine du Po

    Piémont et plaine du Po

    27 mars 2025

    Après avoir franchi le col de Larche au soleil, nous apprécions la longue descente vers Cuneo. Cependant ce côté du col est à l’ombre et nous démarrons avec une température de six degrés. Nous avons hâte de descendre en altitude pour nous réchauffer un peu. La régulation du trafic à cause des éboulements a du bon, car il y a très peu de circulation, nous avons la route pour nous. De ce côté de l’Italie, je suis toujours surpris par le fait que quasi tout le monde parle français. Nous engageons toujours la discussion avec notre italien approximatif, mais on nous répond généralement en français, allez savoir pourquoi 😊

    La descente du col de Larche côté italien
    Notre appartement derrière les arbres
    Le val Stura avant Cuneo

    Le centre de Cuneo est constitué d’une avenue principale très belle avec ses arcades typiquement italiennes, mais c’est tout. Dès que l’on s’en écarte, ça devient quelconque voire moche. D’ailleurs lorsque nous avons demandé à notre logeur ce que l’on pouvait visiter, il a été un peu embêté et nous a indiqué la tour de la mairie, en nous précisant qu’elle serait peut-être fermée et basta. Par contre nous nous sommes régalés dans les restaurants.

    La journée de repos a fait du bien, les jambes sont plus fraiches qu’en arrivant à Cuneo. La météo n’est pas très bonne pour les jours à venir, mais avec un peu de chance on devrait éviter la pluie. Nous attaquons dans la plaine après Cuneo, puis en fin de journée nous abordons l’extrémité des Appenins, avec quelques raidillons surprenants, le tout dans un brouillard dense.

    Une vieille bâtisse délabrée
    Les premiers coteaux des Appenins
    Quand on vous dit
    qu’il y a
    du brouillard

    Nous passons une bonne nuit dans un agriturismo tout simple. Le lendemain, le temps s’est dégagé, nous découvrons enfin le paysage. Puis nous attaquons une série de vraies montagnes russes, avec des passages à 16 et 17 % en montée et en descente. Chloé fait deux fois les passages les plus raides, une fois avec son vélo, une deuxième fois pour aider Doum à pousser le sien. Quelle pêche cette Chloé ! A part le fait que les cantonniers de la région ignorent le concept de lacet pour adoucir les pentes, nous apprécions ces petites routes qui se faufilent dans de jolis vallons, avec souvent de la vigne à flanc de collines.

    Vue de notre agriturismo avec les Alpes au loin
    Un pique-nique le long d’un oratoire
    Village typique de cette région

    Et un petit aperçu des routes qui sillonent les vallons de l’extrémité des Appenins

    Nous continuons notre promenade dans les collines, pas de pourcentages de fous aujourd’hui. Ca tombe bien car ma prothèse pas tout à fait sèche s’est rappelée à mon bon souvenir hier soir. J’ai voulu faire le mariole hier en ne mettant pas pied à terre dans les pentes les plus raides. Ça a un peu grincé ce matin, mais ça a l’air d’aller en fin de journée. Et maintenant nous sommes dans la plaine du Po, donc ca va être plat jusqu’à Trieste.

    Une petite pause,
    en haut d’une côte
    Déjà en fleur

    De l’intérêt d’avoir du matériel en bon état : Chloé est partie sur un vieux vélo de Doum qui a 25 ans environ. Je l’ai un peu remis en état et fixé un porte bagage Ortlieb très pratique. Mais au bout de quelques jours, Chloé se plaint de vibrations, d’un vélo qui bouge, surtout sur le grand plateau. Je ne vois aucun problème, on a beau faire tourner les roues à l’arrêt tout semble normal. Comme elle insiste, on finit par échanger nos vélos, je fais quelques tours de pédales en mode clown et je comprend vite le problème. Quelques rayons sont complètement desserrés, peut-être n’ont-ils pas apprécié le poids des sacoches. A partir de là c’est la valse des rayons pendant deux jours. En resserrant les rayons on modifie l’équilibre général, ceux qui étaient en tension se desserrent à leur tour, la roue prend des voiles impressionnants, les freins frottent, rien ne va plus ! Finalement, on resserre tous les rayons un par un et en faisant plusieurs tours de roue consécutifs, et ça marche. Ce problème réglé, en passant dans un mauvais trou, Chloé crève et déchire le flanc du pneu neuf que je lui ai mis avant de partir. Heureusement je suis parti avec des patchs de vieux pneus (merci Christian pour le conseil), j’en insère un morceau dans le pneu, pour éviter une hernie, et ça tient ! Je vous fais grâce de l’épisode de l’embout de la pompe qui ne va pas sur la valve, mais après démontage/remontage inverse, s’adapte finalement. On n’aura pas d’autres aventures avec le vélo de Chloé, car son escapade avec nous se termine, elle rentre en train + bus demain matin à la première heure. Dommage !

    C’était marrant notre trio, Chloé nous manque. En compensation, nous avons gagné le soleil, j’ai enfin pu mettre mes gambettes à l’air et nous n’avons pas touché la doudoune de la journée. Nous sommes passés aujourd’hui à Pavie, premier bistrot au soleil ! C’est une belle ville, des églises un peu partout et une cathédrale. J’ai retenu de son histoire qu’elle a été le siège royal des Ostrogoths au moyen âge (ce n’est pas tous les jours qu’on place Ostrogoth dans une phrase). Ce soir nous sommes logés dans une auberge de jeunesse dédiée aux artistes, le site nous plaît bien.

    Un pique-nique au soleil
    Le pont couvert pour entrer à Pavie
    La cathédrale
    Notre auberge de jeunesse

    Les péripéties du jour : un pont avec passage piéton/vélo vraiment étroit, pas de marge entre les 2 rambardes. Et une petite grille à escalader avec les vélos à la suite d’un raccourci hasardeux et boueux. Mais là c’était fastoche, car pas trop haut. Rien à voir avec ce qu’on avait du faire en Allemagne il y a trois ans, où la barrière était haute de 1m50.

    Un pont pas très sympa
    Tout doit passer de l’autre côté

    Nous continuons sur des digues qui surplombent les cultures de la plaine du Po. C’est un peu monotone, mais ça avance vite, car c’est vraiment plat. Ces digues bien goudronnée sont idéales pour faire des pistes cyclables. Pourtant, nous voyons très souvent des panneaux d’interdiction de circuler. Nous ne les respectons pas selon notre habitude, les vélos passent toujours ! Cela nous a valu deux péripéties aujourd’hui à cause de deux chantiers. Le premier avec une grille qui barrait la route mais facilement contournable, même pas besoin d’enlever les sacoches. Le deuxième plus problématique, plus de route, des gros engins de chantier, pas d’autre solution que de faire demi-tour. Un gars du chantier est venu gentiment nous expliquer comment faire : ”La prima strada a sinistra e poi dritto e gira a destra, no gira qui, ma gira qua, capito ? ” Comme il s’était donné du mal, je lui ai dit que j’avais compris, et plus loin j’ai repris mon GPS. Cela a rajouté 10 km à notre étape qui était déjà la plus longue depuis le départ. Nous arrivons à Cremone un peu fatigués après 90 km. Mais demain nous avons prévu une journée de repos pour visiter la ville qui déjà de nuit est très belle.

    Une pause sur la digue
    Le Po déjà bien gros
    La barrière
    à contourner
    A sinistra e a destra e dritto, capito ?

    Cremone n’est pas une grande ville, 70 000 habitants, mais le centre est vraiment très beau. Les édifices en brique rouge ont beaucoup de cachet, ça donne une atmosphère chaleureuse. Nous avons pu monter en haut de la tour de l’horloge astronomique qui apparemment à fait date. Le mécanisme d’origine de 1582 est toujours en activité.

    La tour de l’horloge,
    et le duomo by night

    Prochaines étapes, Mantoue, Padoue, Venise, Trieste. Espérons que la chance reste avec nous, pour l’instant, pas une goutte de pluie !

    10 commentaires sur “Piémont et plaine du Po”

    1. Via via et basta cosi. Je fais le malin mais je sais pas si ça veut dire quelque chose de correct. Les dieux sont avec vous. Encore un peu frais pour la tente apparemment. Bisous à bientôt.

    2. Super les photos, les commentaires et le petit film drône accéléré !! Hervé, tu deviens un vrai Pro du reportage ;-))
      Merci de nous faire voyager avec vous, c’est bien sympatique tout ça. On pense bien à vous. Gros bisous.
      Nous, on commence seulement à se remettre un peu à pédaler autour et là, on part quatre jour dans le sud (on ne sait pas encore où…) pour retrouver un peu de muscle dans les gambettes !!

    3. Toujours sympa cette petite newsletter que j’attends avec envie ! Content d’avoir des nouvelles du genou, même si on se doutait que ça allait puisque vous êtes partis ! mais bon, faudrait faire attention à ne pas abuser et se prendre pour un jeunot, y’a encore de la route ! Chi va piano, va sano e va lontano !
      Je suis triste que Chloé reparte, j’avais l’impression qu’elle était déjà restée plus longtemps que prévu.
      BAT

    4. Je ne connais pas de meilleure « pause café évasion » que vos récits.
      Il ne vous manque qu’une puce GPS qui nous permettrait de vous traquer en direct (oui, c’est complètement contradictoire avec l’esprit de liberté/sérénité de vos voyages) pour avoir encore plus le sentiment d’être avec vous.

      1. Ha ha ! ça ne sera pas du temps réel, mais tu peux suivre nos étapes sur la page Pamir, en zoomant sur la carte. Je rajoute une marque à chaque étape. Ciao!

    5. Magnifiques photos, vous êtes impressionnants ! Chloé va s’en souvenir toute sa vie, même si elle ne fait pas tout le voyage 😉 bises

    6. Super récit! Encore une belle semaine d’ aventures ! Au vue de la météo sur vos photos, vous me faites envie ! Vous avez vraiment fait le bon choix !!
      Des bisous

    7. Si le PO est plat, tous les commentaires qui étoffent votre progression, donnent à cette plaine, le relief qui lui manque….
      Et les photos nous font voyager à l’aise de belles découvertes.
      Et voilà, on s’habitue à cette nouvelle « série » alors vivement la prochaine anecdote….
      Des bises
      les Darons…

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