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Tourisme en Cappadoce et à Sivas

    Tourisme en Cappadoce et à Sivas

    1 juin 2025

    Même si nous avions déjà vu des photos de cette région, nous sommes surpris par la beauté et la taille du site. On a du mal à imaginer, que ces formes et ces couleurs sont naturelles. On voit des troglodytes partout dans des roches en forme de cônes allongés. Cette roche tendre est constituée de cendres et de boues rejetées par les volcans. C’est l’érosion qui a façonné ces formes particulières, elle est toujours à l’œuvre, donc toutes ces constructions troglodytiques sont vouées à disparaître, pendant que de nouvelles formes sont en construction. Mais ça va prendre un peu de temps. Ces constructions ont été creusées par les communautés monastiques byzantines entre le VIIIe et le XIIIe siècles. Plus de 3 000 chapelles, couvents ou d’églises rupestres ont été découvertes. Ces habitations et ermitages ont été abandonnés au XVIIIe siècle, les derniers habitants chrétiens, les cappadociens ont été expulsés vers la Grèce après le traité de Lausanne en 1923. Leur langue, le cappadocien, mélange de turc et de grec disparaît de Turquie et n’est plus parlé qu’en Grèce.

    Il faut croire que les voyageurs à vélo convergent vers Göreme, pour la première fois nous en rencontrons plusieurs. Espagnol, néo zélandais, allemands et des français. Nous sympathisons avec un couple de marseillais, qui en plus du barda habituel, transportent leur matériel d’escalade et un parapente ! Nous passons une soirée sympa au restaurant avec eux, ça fait du bien de discuter directement en français sans passer par un traducteur.

    Nous étions arrivés bien fatigués à Göreme, mais dès le lendemain nous attaquons la visite des sites à vélo car ils s’étendent sur plusieurs kilomètres. En fait ce n’est pas tout à fait adapté, nous nous retrouvons dans des côtes très raides sous le soleil, puis dans des singles un peu limites. On se dit qu’on est un peu dérangés car, on était censés se reposer. Promis demain on se calme. La météo annonce de la pluie pour les jours à venir un peu partout, nous décidons de prolonger encore de deux jours notre séjour à Göreme. Ça tombe bien, la ville bien que touristique est vraiment jolie les restaurants sont succulents et il y a vraiment beaucoup de choses à voir. D’abord le vol des montgolfières, emblématique de la ville et même de Turquie. Pour les voir, il ne doit pas y avoir de vent ni de pluie et il faut se lever à cinq heures le matin. Ça tombe bien, du rooftop de notre pension nous les voyons très bien. Je me suis recouché après un quart d’heure de spectacle.

    Puis nous avons visité le site de Derinkuyu. Les grecs y ont creusé une ville dans la roche, sous terre sur huit niveaux. Jusqu’à trois milles personnes pouvaient y vivre. On y trouvait des habitations, écoles, lieux de culte, pressoir à huile et à vin, cuisines, réfectoires, étables pour les animaux. Des puits sur toute la hauteur assuraient l’aération. Ils pouvaient fermer les accès avec des grosses meules en pierre. La cité a servi de refuge aux premiers chrétiens grecs persécutés par les romains, puis a partir du septième siècle pour se protéger des ottomans et cela jusqu’au début du vingtième siècle ! De multiples cités étaient reliées par des tunnels, ce qui permettait à la population d’échapper aux assaillants.

    Ensuite, comme tout bon touriste, nous avons visité un site musée qui regroupe un ensemble d’églises troglodytes. Il subsiste quelques fresques d’époques différentes, mais dans la plupart des cas, les photos étaient interdites.

    Une table et les bancs creusés dans la roche

    Nous voilà bien reposés, mais le mauvais temps persiste. Nous ne voulons pas expérimenter les bivouacs sous la pluie, alors nous appliquons la même stratégie qu’il y a deux semaines. Nous prenons le bus jusqu’à Sivas, à trois cents kilomètres d’ici, et ça devrait fonctionner. En prime, nous allons prendre un peu de hauteur, donc normalement il devrait faire plus frais. Par contre j’ai du passer un peu de temps pour revoir l’itinéraire. Limiter le dénivelé, pas trop de piste, pas de grosses routes, pas trop de distance sans market, si possible des paysages sympas, pas trop de bivouacs successifs. L’équation est complexe, mais la Turquie a des ressources !

    Finalement nous passons une journée complète à Sivas pour attendre la fin de l’épisode pluvieux et aussi pour visiter cette perle de l’Anatolie. Cette ville nous a bien plu, très animée, et pas mal de monuments sympas. Plusieurs fois nous avons été surpris : pensant rentrer dans des bâtiment religieux, madrassas ou vestige de mosquée, nous sommes arrivés dans des espaces cafés, restaurants très agréables.

    Une madrassa reconvertie en café
    Doum frustrée de ne pouvoir acheter des jolis tissus
    Une autre madrassa, extérieur
    et intérieur

    Une petite réflexion personnelle sur la Turquie après trois semaines. Nous ressentons un grand sentiment de sécurité dans ce pays. Nous nous autorisons à laisser nos deux vélos avec toutes les sacoches sans surveillance, un petit moment. Nous ne le ferions pas chez nous. Comme c’est un sentiment très subjectif, j’ai vérifié sur internet, les statistiques de la criminalité confirment ce que nous ressentons. Bien qu’en augmentation elle sont sensiblement inférieure à celles de la France. Un bémol cependant, pour la place des femmes dans la société, il y a encore du chemin à faire. Dans les petits villages la communication ne peut se faire qu’avec moi. Quand nous sommes hébergés c’est l’homme qui nous demande si nous voulons un chay par exemple, puis il transmet à sa femme. Et un incident désagréable à choqué Doum. Elle a eu à faire à un exhibitionniste qui a ralenti sa voiture pour se mettre à son niveau. J’étais un peu devant, Doum a hurlé, je me suis arrêté, l’homme est reparti. Côté hygiène, même dans les lieux publics, les toilettes sont toujours propres, ce n’est pas mieux chez nous. Et notre dada, puisque nous passons notre temps à scruter les bas côtés de la route, ce n’est pas nickel mais c’est beaucoup plus propre que dans les balkans. Il y a des containers à ordure dans tous les villages et ils sont vidés régulièrement. Par contre, pas sûr qu’il y ait des déchetteries partout, car on voit parfois à l’entrée des villes des grosses décharges, mais au moins ce n’est pas disséminé partout.

    Comme toujours, nous nous régalons dans les restaurants pour pas très cher. De plus la nourriture est très saine : soupe, salade, légumes. Nous pouvons enchaîner les restaurants sans nous sentir trop lourds. Nous arrivons au terme de cette pause de six jours, pratiquement sans vélo. Les jambes sont un peu en manque, nous avons envie de repartir ! Nous devrions changer de paysage en rentrant dans le massif montagneux de Gümüşhane, où à ce qu’il paraît, il faut se méfier des ours lors des bivouacs.

    19 commentaires sur “Tourisme en Cappadoce et à Sivas”

    1. Superbe découverte de la Cappadoce avec toutes ces photos inédites !!!
      Dommage d’avoir croisé ce con d’exhibitionniste : y’a des tarés partout.
      Restés prudents tous les deux, tant sur les routes, que les gens qu’on croise 🧐
      Sinon, effectivement, la Turquie est un pays qui apparait très diversifiée à découvrir 😁 !
      Bises à vous et ici, premières chaleurs et orages 🥵⚡️

    2. Incroyables ces habitations et villes dans la roche ! Petite question pour ce qui est souterrain et sur plusieurs niveaux, comment était gérée l’évacuation de l’eau (égouts) ? fallait remonter ? ou c’est en altitude et il y avait des points bas avec écoulement ?
      En tous cas, c’est extra toutes ces photos et on peut grâce à vous un peu voyager aussi !
      Pour la suite, j’espère que vous ne croiserez pas d’ours exhibitionniste !!

      1. Pour l’eau, je me suis posé la même question. La ville souterraine est creusée dans un plateau, mais il devait y avoir un accès dans la plaine plus bas. C’est juste mon avis car il n’y avait pas d’explication.

        1. Hello
          Quelle bonne idée de vous arrêter un peu et de nous faire profiter de ces merveilles !
          Vous avez l’air en pleine forme. Bonne route pour la suite.

    3. Zut, j’ai oublié de demander, vos collègues cyclistes, dont a eu les nationalités, venaient d’où et allaient où ? Tout le monde ne va pas au Pamir tout de même ?!?

      1. Tous les collègues partaient comme nous de chez eux, avec plus ou moins de train, bus ou bateau. Une partie faisait un tour Turquie et rentrait ensuite à la maison, les autres étaient plutôt sur un voyage d’un an et continuaient en général vers la Chine ou le Vietnam via le Pamir. Ceux-là passaient plutôt par la Russie et le Kazakhstan pour rejoindre le Pamir. Il faut croire que c’est une destination à la mode chez les cyclo-voyageurs !

    4. Petite question sur la finalité de ces centaines de montgolfières : elles sont là pour faire lever les photographes à 5h du matin ? il y a des touristes à bord ?
      Pour vos futurs bivouacs, vous avez un container anti-ours pour la bouffe ?
      Faites gaffe quand même … c’est impressionnant un ours quand on n’est pas en sécurité dans une voiture (je parle en connaissance de cause 😉)
      Merci pour ces magnifiques photos qui donnent très envie d’aller voir sur place !

    5. La découverte du blog est chaque fois une belle aventure avec laquelle on s’insinue, on s’immisce, on se faufile avec vous auprès des populations qui se révèlent d’autant plus aptes à l’accueil, que le lieu présente sa part d’aridité.
      On vous souhaite tout le flux nécessaire pour les prochaines pages et images à venir…
      Et plein de bises.

    6. Bienvenu en Turquie Hervé,
      Yozgat, Sivas, Erzincan … Gumushane, des lieux et des routes qui me rappellent de merveilleuses vacances.
      Des payages typiques de l’anatolie, faconnés par le temps et le climat.
      De longues routes à perte de vue…
      Tout ca vous feront de beaux souvenirs.
      J’espere que vous ne souffrez pas trop de la chaleur et des reliefs.

      Bonne route

      1. Salut Adem,
        Content de te lire ! Oui je te confirme, la Turquie est vraiment un très beau pays. Nous n’oublierons pas ces paysages infinis et variés et surtout l’incroyable hospitalité de ses habitants.

    7. Merci pour ces magnifiques photos de paysages incroyables.
      Continuez à nous faire partager votre aventure, c’est vraiment top !
      Bises

    8. Ah là là, j’en arrive à regretter mon itinéraire et de ne pas vous avoir suivi, c’est tellement beau!
      Merci pour ces belles photos et le texte, chapeau les copains

      1. Magnifique ! Merci pour ces belles photos et de nous faire voyager avec tes textes !
        On languit la suite !!! Bonne route et bravo pour vos guiboles 😁
        Bises de nous 2

    9. Magnifique ! Merci pour ces belles photos et de nous faire voyager avec tes textes !
      On languit la suite !!! Bonne route et bravo pour vos guiboles 😁
      Bises de nous 2

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