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De la côte d’émeraude à la cote de Granit rose

    De la côte d’émeraude à la cote de Granit rose

    20 mai 2026

    Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas bien le nom des côtes bretonnes, voici un rappel.

    Je réponds tout de suite à la question du dernier article, pour ceux qui suivent. Alors oui on s’est encore pris des bons grains aujourd’hui et même une averse de grêle, heureusement de courte durée. Ça picotait un peu sur les cuisses. La température pas bien haute a encore chuté après la grêle.

    Nous suivons tous les méandres de la baie du Mont Saint Michel avant d’arriver dans un des lieux touristiques le plus visité de France. Comme nous avons la bonne idée d’y être ce jour de l’ascension, nous ne sommes pas seuls. La marée est basse, nous pouvons faire un tour à vélo au pied du mont sur un sol assez dur.

    A l’approche
    du Mont Saint Michel
    Biclou et biclette au repos

    Notre direction qui était plutôt Sud, passe maintenant à l’Ouest pour un petit moment, jusqu’à Brest. Conséquence immédiate, nous avons un fort vent de face, notre vitesse est quasiment divisée par deux. Si le vent ne faiblit pas, il faudra revoir notre estimation de distance à la baisse.

    Nous partons ce matin sous un bon soleil et un vent plus calme. Nous longeons encore la baie du Mont Saint Michel en direction de Cancale. Mais nous nous dirigeons droit vers un ciel bien noir. En observant le sens du vent, on se dit qu’en temporisant, nous devrions pouvoir l’éviter, et ça marche ! Nous voyons maintenant des rideaux d’eau pas très loin au Sud.

    Hop, la pluie est passée de l’autre côté

    En direction de Cancale, je vois une piste cyclable balisée que je n’ai pas repérée sur mon itinéraire. Elle a l’air plus sympa, nous la suivons, belle piste le long de la mer, loin du trafic routier. Sans crier gare, les indications disparaissent et la piste se transforme en un étroit sentier piéton. Selon notre habitude, on ne se démonte pas, nous continuons pour voir. Ça monte fort dans les sous-bois, c’est joli, mais ca ressemble de moins en moins à une piste cyclable. Nous croisons quelques randonneurs qui nous regardent d’un drôle d’air. Puis, je tombe sur un premier escalier en descente, bien raide, avec des pieds de marche en bois glissant. Je descend vite mon vélo avant que Doum n’arrive. Puis je m’occupe du sien. Un peu plus loin un, autre escalier en montée cette fois. Puis nous débouchons sur une plage. Je vois un sentier peu marqué, je décide de tenter le coup, car nous sommes tout près de Cancale. C’est parti sur la plage à marée basse. Le sable et les cailloux sont assez durs, ça roule mieux que je ne le pensais. Doum suit vaillamment (résignée ?). Puis les cailloux se transforment en rochers, d’abords praticables, puis après plus du tout. Dommage, on ne gagne pas à tous les coups ! C’était marrant, le GPS nous situait en pleine mer. Donc demi-tour, puis nous rejoignons Cancale par la grand route.

    Pas vraiment
    une piste cyclable
    Qu’est ce qu’on fait là, se demandent Biclou et Biclette
    Demi-tour
    Cancale
    et ses parcs à huîtres

    Nous terminons l’étape à Saint Malo, toujours aussi belle, avec la balade sur les remparts en plein vent. C’est une destination touristique très prisée, les rues intramuros sont bondées, impossible de s’y promener à vélo. On y retournera le soir à pied. Premier Kouign-amann, toujours incroyablement bon. J’en mange et j’en remange en toute bonne conscience, puisqu’on se dépense toute la journée.

    Une malouinière
    Pour protéger de la mer

    Saint Malo est une ville bien plus grande que nous l’imaginions, 50 000 habitants. Nous la quittons sous un ciel menaçant. Neuf kilomètres plus loin, le gag de la journée. Patricia qui nous a hébergés cette nuit nous appelle. J’ai oublié ma trousse de toilette avec mes pilules de vieux. Pas le choix, je repars sans les sacoches, en mode tour de France, pour un aller retour de dix-huit kilomètres. Ajoutés au trajet initial, ca me fera une grosse journée. Ca m’apprendra à être tête en l’air.

    Saint Suliac
    et son église du XIIIe siècle
    Ancien moulin sur le mont Garrot, au-dessus de la Rance
    A Saint Jacut de la mer

    Après une nuit à Fréhel, nous allons visiter le cap du même nom sous un beau soleil. Le phare et la tour, à l’extrême pointe sont posés sur un massif de grès rose. Ensuite des landes rases, puis une succession de grandes et belles plages.

    Le cap
    Fréhel

    Nous passons plusieurs anses avec chaque fois des marais qui les prolongent et parfois des forêts qui semblent hantées.

    Et un petit gué

    Nous faisons une journée de repos à Saint Brieuc, après sept jours de pédalage. Malgré divers petits bobos, nous sommes plutôt en forme. Doum a fait pas mal de vélo cet hiver, et moi beaucoup de ski, ça se sent, nous encaissons bien le dénivelé, jusque là !
    Notre choix pour la pause n’est pas très judicieux. Par rapport à ce que nous avons vu depuis le début, Saint Brieuc est plutôt quelconque hormis la vieille ville avec ses maisons à colombage du XVe siècle. Nous choisirons mieux la prochaine pause.

    Nous quittons Saint Brieuc sous un ciel menaçant, mais la température est montée de quelques degrés, ça fait du bien. Le paysage est toujours superbe, nous arrivons sur des côtes plus découpées et partout de belles plages. Le scénario est classique maintenant. Nous cheminons sur le plateau, puis une bonne descente vers une plage, qui se paye toujours par une remontée raide sur le plateau. Nous réitérons le processus toute la journée jusqu’à Plouézec où nous sommes gentiment accueillis par Christine, une amie de Doum.

    Pique-nique avec vue
    Vieille église à Saint Loup

    Juste avant Plouézec, nous filons voir la pointe Bilfot. Un des plus beaux point de vue depuis que nous sommes partis, avec des îlots et des récifs qui se superposent sur l’horizon et une grande plage sauvage d’un côté. Ça me fait penser aux paysages du Club des cinq. (Je ne sais pas si cette littérature pour enfant parle encore à quelqu’un).

    La pointe
    de Bilfot
    Le dolmen de Kerguntuil
    Merci Christine pour la soirée sympa

    On nous a menti ! La météo prévoyait enfin du soleil et des températures plus élevées, c’est à dire au-dessus de 20°. Au départ de Plouézec, il n’en est rien, petit crachin breton, ciel couvert, et température nécessitant doudoune et coupe vent. Pas contents ! En fait, il y avait juste une bonne demi-journée de retard. Peu avant notre étape à Trébeurden, le soleil arrive enfin.
    Nous passons encore par des coins superbes, l’abbaye de Beauport, Paimpol et son port, Tréguier, sa cathédrale Saint Tugdual et ses vitraux, Perros Guirec, Trégastel, ses plages de granit rose dans la baie de Ker Lavos. Et sous le soleil c’est encore mieux.

    L’abbaye
    de Beauport
    Petit passage inattendu
    Le chemin le plus étroit de Bretagne
    Paimpol
    Tréguier
    Perros-Guirec
    et une petite crevaison
    La superbe côte
    de granit rose

    Téméraires que nous sommes, nous décidons de nous mettre au camping maintenant que le soleil semble s’installer. Alors allons-nous passer nos soirées à regarder le soleil se coucher sur la mer, étendus sur le sable, ou serons-nous en mode hivernal arctique au fond de nos duvets -10° avec les bonnets ? Une seule solution pour mettre fin à ce suspense, lire le prochain article évidemment !

    9 commentaires sur “De la côte d’émeraude à la cote de Granit rose”

    1. Toujours très sympa avec de belles photos !
      Marrant les noms de chaque portion de côte. Pour l’histoire de l’oubli de la trousse de toilette, je pensais que tu t’en étais rendu compte toi-même ! Mais non 😄! Heureusement qu’il y avait votre hôte. Réussirez vous à rentrer à la maison avec tout ?

    2. Trop bien! trop beau ! Belle aventure en cette Bretagne du nez de la France ;-))
      C’est vraiment un beau voyage et vous avez la banane
      ça recharge toutes batteries n’est ce pas ?
      Profitez et on pense bien à vous. Nous, on part trois ou quatre jours vers Buis les Baronnies puis peutêtre un petit (grand) Ventoux pour lundi !
      Bisous de nous deux et merci de tout ce partage : Hervé tjrs au top du récit 😉

    3. Heureusement que le blog est la pour avoir des nouvelles de ses vieux en vadrouille !!
      Vous êtes trop mignons mes ptis parentounets <3
      (Moi j'aurais super râlé de faire demi-tour après un énième "on tente" de mon vieux père)
      Elle doit être très amoureuse Maman (ou résignée haha)

    4. Trop sympa l’article et photos superbes!
      Bonne idée la photo des différents noms, je ne les connaissais pas tous et de toutes les façons, je les oublie !
      Sinon, si vous preniez des photos sous la pluie, on n’aurait pas envie d’y aller! ! Donc, c’est comme les pubs, vaut mieux que ce soit avantageux ! 😂
      Des gros bisous

    5. Alors là je sais pas par où commencer. Ah oui en 1 j’ai gagné mon pari. Trop content que tu aies oublié un truc indispensable. C’était couru, des aller retours doudoune, canne à pêche, lunettes, j’en ai fait quelques uns. Et aussi quelques abandons définitifs de trousse de toilette et quelques vêtements. Ça rassure de découvrir que je ne suis pas la seule tête de linotte. En 2 je mettrais ces adorables variantes. Lorsque poussés par le goût de l’inconnu on prend soudain la décision de changer l’itinéraire tout en dégustant le risque qui nous pend au nez. Merci aussi de me démontrer que je ne suis pas le seul. En 3 une question. Sais tu à quoi on reconnaît le vrai Kouign-amann? C’est celui où le beurre gicle entre les dents quand tu mords dedans.
      Et sinon, on vous a dit que vous étiez resplendissants ?
      Allez ne changez rien vous nous filez la pêche.

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